Hygiénisme et naturopathie

Quelles différences?

4/11/20243 min read

Naturopathie et hygiénisme

L’école qui m’a formée à la naturopathie holistique s’en tient (encore aujourd’hui!) à une approche plutôt orthodoxe de la naturopathie, ce qui avait largement orienté mon choix, pas simple parmi les offres de formation tellement nombreuses et diverses ... En effet, j’observe des tendances qui s’apparenteraient davantage à de l’allopathie verte plus qu’à de la naturopathie telle qu’elle est définie traditionnellement : des approches très interventionnistes qui, même si elles s’appuient sur des remèdes naturels, ne prennent pas forcément en compte la notion de « terrain », essentielle en naturopathie et en hygiénisme. Donc plusieurs échelons et il me paraît important de clarifier toutes ces notions.

La naturopathie et l’hygiénisme s’appuient essentiellement sur les enseignement d’Hippocrate, médecin grec (450-377 av JC) et ses principes fondateurs : vitalisme, causalisme, holisme, humorisme, hygiénisme.

« La force qui est en chacun de nous est notre plus grand médecin »

« Pour être un bon médecin, cherche la cause du mal et traite-la ; pour être un meilleur médecin, cherche la cause de la cause et traite-la ; pour être un authentique thérapeute, cherche la cause de la cause de la cause et traite-la »

« Combien de symptômes ne sont que des remèdes ! »

Il identifie aussi les fluides corporels circulants, les humeurs, qui, lorsqu’elles sont encrassées, génèrent des déséquilibres.

Hippocrate était également très prudent vis à vis des remèdes :

« Dans les maux aigus, usez rarement des remèdes, même au commencement, et regardez y bien avant d’en prescrire »

C’est ce qui fait la différence entre la naturopathie (orthodoxe, entendons nous bien!) qui admet l’intervention (par exemple avec de l’ hydrologie, de la réflexologie, des plantes, etc. ) - et l’hygiénisme qui promeut l’hygiène de vie sans aucune technique ou remède extérieur, même naturel.

L’approche hygiéniste se base davantage sur l’activité subconsciente du corps. On cherche l’autorégulation. Elle préconise par exemple, en plus d’ une alimentation adaptée, différents repos (repos digestif, au travers de diètes ou jeûnes, repos physique, mental) pour une régénération cellulaire et une revitalisation à travers des processus autonomes, sans volonté consciente. Elle implique une écoute forte de soi (dans toutes nos composantes, pas que physique!) et une grande confiance dans nos forces d’autoguérison, dans ce corps qui est dans une recherche constante d’équilibre.

Ce que j’apprécie dans cette approche c’est la simplicité du modèle et son accessibilité : respirer, bouger au soleil ou se reposer, être en lien avec le vivant, … c’est gratuit et illimité!

Ma bonne constitution de base (un bel héritage familial), mon mode de vie, d’habiter, me permet aujourd’hui d’être en accord avec ces préceptes hygiénistes :

Je vis dans la nature, essentiellement dehors, mes activités quotidiennes liées à mon choix de vie (préparer le bois de l’hiver, aménager mon espace de vie, prendre soin des animaux, du jardin, cueillettes etc.) me mettent en mouvement naturellement.

Je mange des aliments vivants, bruts, variés (cueillettes gourmandes dans le jardin et autour).

Mes observations et recherches permanentes (sur la santé, le Vivant, la Vie) nourrissent mon esprit curieux et m ‘amènent à faire de belles rencontres. Ma connexion au vivant et des « routines » (respiratoires, corporelles, bains froids qui renforcent mon adaptabilité) m’offrent apaisement, équilibre, vitalité et m’aident à libérer l’agitation quand nécessaire.

Il est, certes, plus difficile aujourd’hui de suivre intégralement ces principes dans notre monde « a-vide », qui change très vite, avec toutes les sollicitations et pollutions - auxquelles les 1ers hygiénistes de la fin du XIX n’étaient pas exposés !

L’intervention est parfois nécessaire, le symptôme peut être parfois soulagé …

L’hygiénisme n’est pas un dogme, c’est l’écoute de soi et le bon sens qui doit primer :à partir de bonnes connaissances de sa physiologie et des lois du Vivant, à chacun de faire au mieux, de tendre vers ce modèle s’il résonne en nous, selon son contexte de vie, ses propres limites, les accidents de la vie également. Il y a plus d’un an, une arthrite à pasteurella suite à une morsure de chat a dû être traité par antibiotiques et chirurgie . Cette intervention était nécessaire (merci la médecine urgentiste!!). Je l’ai accompagné d’une cure de macérats de bourgeons (des arbres de mon environnement proche !) pour soutenir ma guérison et la restauration de ma flore.